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samedi 12 mai 2012

Une semaine de plus au Car market de Sydney...


...60$ de moins, et toujours pas la moindre touche. Notre bonne humeur s'émousse. C'est notre deuxième semaine au Car Market, notre deuxième semaine en sous-sol.

Heureusement, Flo, chanceux, trouvera des acheteurs sans trop négocier ; Marie et Nicolas, ici depuis 2 semaines, préféreront brader leur van pour leur salut nerveux.

Mais quitter le Car Market, ça se fête, peu importe à quel prix. L'occasion de partager un dernier pique-nique convivial.


Nos nouveaux amis partis, le sous-sol semble bien vide...mais une nouvelle génération de backpackers-vendeurs ne tarde pas à se réapproprier les lieux, avec son lot d'histoires incroyables. Nous sommes maintenant les doyens de l'endroit, avec 12 jours à notre actif, les plus jeunes nous regardent avec stupéfaction et respect.


Ce soir, c'est mercredi... (comprendre : « ce soir, c'est vernissage »). Et oui, au sous-sol du parking, il n'y a pas que le « Car Market ». Il y a aussi « Alaska », une galerie d'art tenue par Sebastian, autochtone sympathique qui n'hésite pas à trinquer lors des « openings » avec nous, compagnons de l'underground.


Aujourd'hui, c'est Bridie, ex-gogo danseuse, qui nous présente ses créations...


On vous avais dit que l'endroit valait le détour !

Quand le moral faiblit, le soir, on va faire un tour à la piscine. Là-bas, les petites bulles du jacuzzi pétillent et tiennent à l'écart nos pensées mécaniques...demain, cela fera 15 jours que nous attendons les clients sur notre chaise de camping...15 jours que nous déjeunons à la lueur des néons.

Repus de chlore, on se rhabille quand le téléphone sonne...  « Salut, c'est Myriam, j'ai réfléchi et je le prends ! » - Regards incrédules, serait-ce la fin du calvaire ? Dur de se réjouir avant d'avoir empoché l'argent...ce qui n'est prévu que dans deux jours.

Le lendemain, dur de garder cette nouvelle pour nous ! Célisiane, propriétaire d'un campervan pop top a aussi une touche ! C'est l'effervescence au Car Market ! Mais au moment de partir conclure sa vente, le véhicule de voudra pas démarrer...


L'histoire ne dit pas comment elle s'y est pris, mais le soir même, elle était dans l'avion direction Christchurch avec l'argent.

Nous la regardons partir avec le sourire : demain, c'est notre tour !

mercredi 9 mai 2012

Notre arrivée au King's Cross Car Market


Après avoir déjoué l'arnaque Autobarn, nous voilà en possession du Pink Slip, sésame pour notre séjour au King's Cross Car Market de Sydney. Cet endroit lugubre et fantastique mérite que l'on s'y intéresse 5 minutes.
Tout d'abord, cela se passe à King's Cross, quartier bobo le jour, et gogo(-danseuse) la nuit... Sur les trottoirs, les videurs des multiples peep-shows appâtent une foule hétéroclite composée de bikers, de backpackers et de pervers rassemblés ici par l'ivresse et l'appel des néons roses.

Les plus curieux pourront lire les articles concernant les divers règlements de compte armés qui prennent régulièrement place dans la rue principale : bref le décor est posé !

Nous arrivons donc au Car Market, situé au 2ème sous sol d'un parking, le cœur remplir d'espoir. Après 2 semaines décevantes sans véritable touche, nous nous étions décidés à payer 60$ pour rester une semaine dans l'épicentre australien de l'échange de véhicule pour backpackers.

Vaillants, nous mettons en valeur notre bien...


et réparons les derniers accessoires.


Nous imaginions que l'expérience souterraine ne serait pas des plus réjouissantes, mais la réalité est encore plus déprimante...


...les clients ne se bousculent pas au portillon. Le hall est bien souvent désert, laissant les vendeurs face à face sur leurs chaises de camping, hagards et prêts à sauter sur le premier badaud osant s'y aventurer.

Heureusement, l'ambiance est bonne ! Beaucoup de français et quelques allemands représentent la quasi totalité du Car Market. Tout le monde est arrivé à la dernière étape de son voyage en Australie : certains rentrent au pays, d'autres continuent leur tour du monde...et tous ont des histoires à raconter.


On s'occupe comme on peut...on parle « bagnole » entre débutants :
  • « ahh...c'est là, le réservoir du lave-glace ? 6 mois que je roule sans liquide! »
  • « La jauge d'huile de la boite auto, t'es sûr ? Moi je croyais que c'était celle du liquide de refroidissement... » 
Et puis, dans le tas, y'a Flo...Mécanicien/Diététicien en partance pour la Nouvelles Zélande, qui checkera avec bonne humeur la plupart des véhicules, nous expliquant au passage comment réparer notre jauge de température moteur.


L'ambiance rend l'attente plus supportable, même si parfois les travaux électriques, plongeant l'étage dans le noir...


...donnent à notre campement des airs de refuge clandestin.


Allez Maurice ! On se dépêche !


Pour remonter le moral des troupes, usé par l'attente et la pénombre, on fait des crêpes ! Sous terre, c'est presque devenu une petite vie de famille.


Le soir venu, nous suivons Marie et Nicolas jusqu'à leur « spot » nocturne à Watson Bay. L'occasion de décompresser en jouant aux cartes au bord de l'eau. Au levé du soleil, l'endroit est magnifique.


Situé à l'extrémité de la baie, en face de Manly, l'endroit offre une vue imprenable sur l'océan et la ville.


Jusque là, nous dormions à Green Square. Les rues gratuites, le métro à deux pas et le McDo ouvert jusqu'à 1h du mat' pour aller y faire pipi en faisaient un campement pratique...


...mais sans doute un peu moins glamour !

mercredi 8 février 2012

Changement de rego, ou les 12 travaux d'Amélie et Lilian !

Nous n'avons toujours pas rédigé l'article sur la présentation de notre nouveau van. Shame on us !
En revanche, voici un second article traitant des opérations mécaniques et administratives diverses qui siphonnent notre porte-feuille.
(Cet article traite de l'immatriculation dans le NSW, si ça peut en aider d'autres...)

En effet, nous profitons de notre pause à Tenterfield pour nous occuper d'un sujet important : le changement de nos plaques d'immatriculation !

En effet, en Australie, chaque état délivre ses propres plaques et possède sa propre législation, ce qui complique grandement les transactions inter-états.


Nous possédons actuellement un van immatriculé « Northern Territory – Outback Australia », ce qui est classe, soit...mais qui nous pose un problème aujourd'hui : notre « registration » (équivalent de la vignette) expire bientôt !
Pour la renouveler, nous devons retourner dans le Nord pour passer un contrôle technique agréé par l'état du Nothern Territory...ce qui, vous le comprenez, contrarierait un peu nos plans...

Seconde solution : faire ré-immatriculer notre véhicule dans le New South Wales, état où nous nous trouvons maintenant et où nous comptons revendre le van. Pas la peine d'argumenter pendant des heures, nous sommes d'accord : cela semble de loin la meilleure solution !

1ère étape : Le bureau du « Motor Registry »

Là-bas, une dame peu aimable (« Sorry love, I haven't caught a bloody word of what you just said ! ») nous tend un papier sans nous regarder, expliquant les différentes épreuves à franchir pour accéder aux nouvelles plaques.


Notre mission est donc de dégoter :un contrôle technique (blue slip), une assurance au tiers (green slip) et un justificatif de domicile (Remets ton slip). Jusque là, c'est marrant, ça ressemble à jeu !

2nde étape : Blue slip

Le contrôle technique peut être effectué par deux garages agréés en ville, mais pas moyen d'obtenir un rdv avant 2 semaines...Nous finissons donc notre balade au Shire Council (équivalent de la mairie) pour prendre rendez-vous avec le garage municipal : nous avons un rendez vous dans une semaine ! Youpi !

Ayant quelques jours d'avance, nous retournons voir notre garagiste/livreur de lait, pour qu'il s'assure que notre véhicule est bien « blue slip compliant ».


Quatre heures et 650$ plus tard, il a :
  • changé les deux wheel bearings avant et l'articulation de la roue droite (cause des vibrations au niveau du train avant)
  • changé l'oil gasket (cause de la flaque visqueuse dégueulasse que nous laissons sur chaque parking au démarrage) et nettoyé le moteur « parce que Neil-du-garage-municipal aime bien quand c'est propre !» (Ôh joie des petits patelins !).
Par chance, Lilian avait déjà réparé les feux arrières défaillants en bourrant la boîte à fusibles (en passant par la case «oups, j'ai oublié de remettre celui des des essuie-glaces »...).

Le jour dit, nous avons rendez-vous avec le fameux « Neil » pour le contrôle technique (qui coûte au passage 55$)...Roulement de tambour « drebedeu, drebedeu, drebedeu... »


Et oui, nous avons lamentablement échoué... Le verdict est sans appel : nous devons changer l'articulation de la roue gauche et les deux pneus arrières qui, c'est vrai, sont un peu fatigués.


Encore des dépenses en perspective...sur le chemin du retour, nous sommes tentés de revendre le van pour en racheter un nouveau :

Il est pas trop chouette ? Hein ! Dis !?! Hein ! Dis ?!????
Après avoir retrouvé nos esprits, retour obligé chez le laitier/mécano qui nous attendait : « So ? Do you have your blue slip ? »


Et non Maurice ! Tu vas pouvoir nous refaire un devis pour le second « ball joint »...
Nous avons 213$ de moins en poche quand nous arrivons chez Robert, vendeur de pneu... le moins cher de la ville d'après Maurice.


Robert est sympa, il nous remplace les deux pneus sur le champ pour 180$ - TING en nous faisant comprendre qu'on n'aurait pas fait 50 bornes de plus avec ce qui restait de gomme (ou plutôt de fibre métallique) sur le pneu éventré ! Maintenant tout est prêt, nous pouvons retourner au garage municipal...


...et obtenir notre « Blue slip », premier pièce du puzzle !!!

3ème étape : Green slip

« Trop fastoche ! Suffit d'aller dans un garage ou une banque ! ». Naifs que nous sommes !
Première banque, la Commonwealth : « Désolé, nous avons arrêté ce service il y a un an... »
Nous nous rendons donc dans la seconde (the National Bank), qui appelle pour nous l'organisme assureur. Celui-ci nous propose un devis pour 6 mois à 238$...c'est ce que nous avions estimé en ligne. Nous acceptons le devis et dégainons les billets... « désolé, vous ne pouvez payer qu'en carte de crédit ». Héhé, ça doit faire partie du jeu...

Petit passage par le guichet de notre banque pour renflouer les caisses et nous revoilà au comptoir. La gentille banquière rappelle l'organisme assureur : nouvel interlocuteur, nouvelle cotation...50$ plus cher. Nous déclinons l'offre. La banquière, décidément super sympa, nous propose de souscrire en ligne depuis son poste de travail. Après avoir rempli tous les champs, le verdict tombe : « votre voiture ne peut pas être assurée car son prix d'achat est trop bas ». La blague !

Remerciements chaleureux à la banquière. Nous nous rendons à la bibliothèque pour effectuer d'autres demandes en ligne, sans succès... impossible d'obtenir une quote pour un transfert inter-états, ou pour une durée de moins d'un an... On remet nos sacs à dos, direction la concession automobile.

On aurait sûrement dû commencer par là. Sur place, un mec super sympa ET très bien renseigné, Ben, nous explique qu'il est impossible lors de la 1ère immatriculation de ne payer que pour 6 mois, mais que nous pourrons nous faire rembourser au prorata des mois restants le moment venu (c'est bien, mais nous, c'est maintenant qu'on a besoin d'argent...)
Le Green Slip nous coûtera donc finalement 465$...ça commence à faire cher la blague, je ne suis plus du tout sûr d'aimer ce jeu...

4ème étape : justificatif de domicile

Direction le Showground ! 10$ l'emplacement tente sans électricité, c'est de l'hébergement pas cher hors compétition !
Notez le drapeau dans le jardin...
On sonne chez le caretaker/concierge (plutôt étonné que l'on souhaite planter une tente dans la boue et sous la pluie)... ça y est, on a une facture et donc une preuve de domicile !

5ème étape : Les plaques (ou presque)!

10 jours après, nous revoilà dans les bureaux du « Motor Registry »

La dame au comptoir est toujours aussi peu aimable. Elle refuse de prendre en considération notre justificatif de domicile parce qu'il manque l'adresse du Showground et un tampon...
J'essaye d'argumenter, mais là c'est le drame, la dame commence à bugger et à répéter en boucle « It's not our policy ! It's not our policy... ». Effrayés, nous repartons voir le caretaker/concierge.
Celui-ci est bien embêté, car il n'a pas de tampon...mais très sympa lui aussi, il ajoutera son nom et son numéro de mobile au document !

6ème étape : Les plaques again !

« Nous revoilà, la moche ! Ça y est, on a tout ce qu'il faut ! »
Elle grogne, envoie un fax, passe un coup de fil pour expliquer notre cas à sa hiérarchie...re-grogne : « c'est bon pour cette fois ! » Youhou !!!!!!!
Bon, c'est OK pour les plaques, mais c'est aussi 465$...de quoi refréner notre envie de danser.


Voilà ! Après 10 jours de démarches, nous avons nos nouvelles plaques ! Mais l'opération nous aura coûté un bras et demi, soit :
  • 1000$ de réparation
  • 55$ de Blue slip
  • 465$ de Green slip
  • 10$ d'hébergement
  • 465$ de plaques
  • beaucoup de patience...
Pour un total qui nous laisse un peu désabusés : près de 2000 australian balles !

Je terminerai cet article par un gros remerciement à Maurice-le-mécano-livreur-de-lait et sa femme, pour leur bonne humeur et leurs conseils qui nous ont facilité la vie !

HE & FG Campbell - Riley St, Tenterfield, NSW

vendredi 3 février 2012

The Sunshine Gold Coast at Tenterfield

Plein les pattes de Brisbane : nos 15 kms de marche quotidiens nous ont donné envie d'aller voir ailleurs. Nord ? Sud ? Plouf plouf... Nord ! Et c'est parti pour la Sunshine Coast !

Évidemment, chaque fois que nous tentons de remonter vers le Nord, le destin nous fait comprendre qu'il ne l'entend pas de cette manière et nous accable de son impitoyable courroux : comme de vieux aliments décomposés depuis trop longtemps dans son estomac, il veut nous faire descendre...

"Oh maaaaaan !"
Outre le ciel, qui s'est noirci à notre montée dans le van, la mécanique automobile a réveillé ses engrenages aux grincements les plus sinistres en guise de mauvais augure. En effet, notre première accélération excédant les 80 km/h s'est accompagnée d'une grosse vibration dans l'habitacle. Depuis, nous roulons à 70km/h pour ne pas réveiller le carrousel.


Il pleut des cordes, il fait nuit, nous sommes en train de rouler sur l'autoroute à moins de 75km/h sans feux arrières...c'est la fête. Heureusement, les lumières de frein et de warning fonctionnent, mais nous nous faisons copieusement klaxonner par des mules en camion. Nous décidons à mi-chemin (on aurait presque oublié la Sunshine Coast hein ?) de prendre la première sortie et de passer la nuit, misérablement, sur le premier chemin suffisamment à l'écart de la circulation.
La faible lumière de nos phares révèle un paysage lugubre, parsemé d'épaves de voitures, de bus et de camions abandonnés. Nous longeons un terrain vague noyé par l'averse jusqu'à ce que la lueur jaunâtre de nos ampoules éclaire la façade d'une masure industrielle en ruine. Au sommet, une enseigne : Fort Knox ! Pas un chat alentours, l'endroit semble parfait...
A l'unanimité nous choisissons de rouler encore un peu, en direction d'éventuelles habitations.

Après deux trois bifurcations, nous trouvons un endroit légèrement plus rassurant. Au moment de descendre de la voiture, Amélie se fige. Elle me chuchote : « j'ai vu quelque chose bouger sur la ligne téléphonique, en haut du poteau ». Incrédule, je sors l'appareil photo pour mettre un coup de flash dans la noirceur ténébreuse de la nuit. Sur la photo, une ombre, un fantôme, peut-être un monstre...


Brrr...notre sang se fige. Le reste de l'histoire est censuré.

Le lendemain matin, nous retournons sur Brisbane toujours sous la pluie. Je me déguise en Yakuza pour avoir la priorité dans les embouteillages.


Une fusillade plus tard, nous décidons d'abandonner le Sunshine, le Gold et la Coast aussi, pour aller à Tenterfield... histoire d'avoir le temps de remettre notre van sur roues, de le re-immatriculer New South Wales et d'être à l'heure au RDV « Aussie Bush Tucker », car nous bossons du 26 au 29 janvier pour l' « Australia Day » et un Campdraft/Rodeo à Tenterfield même... maigres consolations pour le ratage du Tamworth Festival. Mais bon, dans notre humble misère financière, c'est mieux que rien...(message subliminal pour « envoyez nous de l'argent, please ! »;D)...
C'est donc à notre arrivée à Tenterfield dans le New South Wales (bye bye Queensland), que nous allons voir le meilleur garagiste de tous les temps (pour ne pas dire le seul disponible avant 7 jours sur les 10 garages de la ville...). Sur place, nous apprenons qu'il est aussi livreur de lait à mi-temps, mais bon, il en faut plus pour nous impressionner...


... comme un devis à 500$ par exemple, ça c'est impressionnant !
Nous disons "au revoir" au monsieur en prétextant qu'il nous faut prendre le temps de réfléchir.
Ensuite, nous partons camper sur une aire de repos à 11km de la ville.


Pour remonter un peu le moral des troupes, nous faisons une soirée fajitas/vin rouge pétillant (wasn't supposed to be) et sucré ET ignoble !

Protégeons l'identité du Yakuza afin d'éviter des représailles sanglantes ;)
La suite au prochain épisode !

dimanche 22 janvier 2012

Adieu Tambo !

Aujourd'hui, nous quittons Tambo sans regret...nous commencions à tourner en rond (enfin en triangle : pub-piscine-épicerie), et passer le balai tous les matins n'est pas l'activité la plus stimulante qui soit. L'expérience aura tout de même été positive : nous sommes rassasiés de viande rouge et d'internet pour quelques semaines, et maintenant nous savons servir des bières pression !

Un rapide au revoir à Andy & Carol et nous voilà repartis au volant de notre bolide ! Sillonner les routes commençait à nous manquer, et puis nous n'allons pas n'importe où ! Nous mettons le cap sur Tamworth, pour le « Country Music Festival » :  10 jours de fête en chemise à carreaux pour les vrais australiens du bush, et 10 jours de boulot pour nous, les frenchies-vendeurs-de-burgers.

En effet, Aaron-le-boss nous a prévenu « Kids ! It will be huge ! 10 hours a day ! You know what I mean ? »
Yep...10x10x15$/h chacun – ça fait pas moins de 3000$ que nous avons déjà mentalement dépensés en biscuits au chocolat, bière, réparations, essence ! Bref, un vent d'insouciance bienvenu pour nous qui nous nous sommes serrés la ceinture depuis l'accident...

Le cœur léger, nous entamons la route qui nous sépare de la richesse...Nous traversons en voltigeant Roma et son fier mineur...


Miles et son tableau en 3D qui fout les jetons...


Même nos sempiternelles salades thon/maïs/pois chiches ont le goût du miel en ce début de parcours.

Driiiing Driiiing – C'est Aaron au téléphone, Lilian décroche :
  • Hey Aaron !
  • grummdfdf (bah oui, moi je n'entends pas)
  • ok...
  • grusnlkdnldsf
  • ok, Tenterfield...
  • sdfsdkfhds
  • Ok, See ya !
«  Bon, bah Tamworth c'est annulé, à la place il nous propose un rodéo à Tenterfield, sur 3 jours, à partir du 23... »

Cling ! Adieu essence, réparations, bière et biscuits au chocolat! Je vous laisse imaginer notre abattement...et notre colère aussi : Aaron a clairement attendu que nous ayons démissionné de Tambo pour nous annoncer la nouvelle et être sûr que nous ferions Tenterfield avec lui... Pas de festival, pas de semaines supplémentaires à Tambo, le manque à gagner est énorme.

La salade thon/maïs/pois chiche a de nouveau le goût de la salade que l'on a trop souvent mangée, les oiseaux ont cessé de chanter pour nous... Et pourtant, il faut continuer...nous décidons de mettre à profit le temps qu'il nous reste avant la prochaine date pour aller faire un tour du coté de Brisbane et de la Gold Coast...

En chemin, nous nous arrêtons à Toowoomba qui possède, ça tombe à pic, un jardin zen.



Une douce balade qui aura pourtant du mal à nous calmer...


Nous avons décidément bien besoin d'un remontant !

lundi 2 janvier 2012

Tango Charlie et les dinosaures

Retour à Bundaberg, et à la réalité... Le van a besoin d'être réparé. Aaron-le-boss nous emmène donc chez Charlie : « il paye pas de mine, mais il est doué »...

Le garage est un véritable bric à brac : les pots d'échappement côtoient les bouteilles de soda vides et les jouets pour enfants...


Au milieu de tout ça, il y a Charlie, tout sourire, qui n'a pas l'air d'être du genre à s'en faire dans la vie. D'ailleurs, ça le fait plutôt marrer qu'on lui explique que notre batterie ne se recharge plus... il en a vue d'autres, pensez-vous ! On lui laisse notre van entre les mains pour qu'il diagnostique la panne et qu'il nous fasse un devis sur les réparations « urgentes » et « à envisager ».


Le garage n'est pas dans le centre ville, alors pendant ce temps, nous, on s'ennuie ferme en tapant dans les tas de caillou du parking. Mais oncle Charlie s'en aperçoit et farfouille dans son farfouillis pour nous apporter de la lecture. Enfin, plutôt des magazines proposant des K7 et des livres s'intéressant à des questions qui nous concernent tous : « Fossiles : la grande supercherie », « Les dinosaures dans la bible », « Darwin est un con »...

L'occasion de se pencher un peu sur le créationnisme et l'évolutionnisme...Ce blog étant de confession consensuelle, je me garderai bien de donner un avis...cependant, comme l'a dit Dudley Field Malone durant le « Procès du singe » :
«Je n’ai jamais appris quoi que ce soit d’un homme qui soit d'accord avec moi. »

Si en Europe, c'est l'interprétation symbolique de la Bible qui prédomine, en Australie comme aux Etats-Unis, la lecture littérale de celle-ci semble bien plus répandue. Pourtant, d'après une étude menée en 2011 : 9% des français adhèrent au créationnisme, comme 15% des Australiens, alors que 51% des Australiens seraient évolutionnistes contre 55% des Français. Je m’attendais à des chiffres bien plus éloquents, tant la parole religieuse a sa place ici.


C'est peut-être juste moins tabou...comme le fait d'être « fièrement nationaliste ». Alors qu'ici les produits sont étiquetés « Proudly made in Australia », on imagine difficilement la même chose en France...et pourtant dans les faits, les partis d'extrême droite français n'ont rien à envier à leur amis Kangourous.
L 'ancien sénateur australien, Steve Fielding, est par exemple ouvertement créationniste...

Si ça vous intéresse, vous trouverez plus d'informations sur les dinosaures bibliques ici et d'autres réponses .


Sachez aussi que d'autres théories semblent émerger des profondeurs de notre nouveaux millénaires, le concept d' « Intelligent Design » est des plus policé mais si vous préférez quelque chose de plus frais, je ne peux que vous conseiller le Pastafarisme. De loin la plus convaincante, cette théorie à l'avantage d'apporter une explication plausible au réchauffement climatique.

Avec tout ça, on en a presque oublié Charlie, qui revient avec :
  • un avis : le régulateur de l'alternateur est mort, faut tout changer !
  • et un devis... 700$ pour un alternateur et 1100$ pour changer un joint (40$) et le kit de distribution (200$)
Gloups...

On laissera donc Charlie s'occuper de l'alternateur, réparation indispensable et raisonnablement évaluée, et nous laisserons de coté tout le reste...800$ de main d’œuvres pour « une grosse après midi de boulot » dixit Charlie, ça fait vraiment trop cher de l'heure. L’Australie ne connaît décidément pas la crise.

Une fois le van réparé, nous pouvons repartir à nos occupations, avec une priorité : retrouver un boulot fissa !

Gagner un peu de fric
puis voir s'envoler nos économies en mécanique,
telle est là la dynamique !

Décidément, cette année aura été celle de l'investissement « Auto » avec un grand A...dommage, nous qui préférons le malt...

jeudi 22 décembre 2011

Bundaberg (J10) : La double arrestation !

Après avoir bien profité de Rockhampton, il faut durement se confronter à la réalité. Apparemment notre van n'est plus capable de recharger sa batterie, et celle nouvellement achetée ne nous permettra pas de redémarrer indéfiniment...

Le lendemain, nous décidons donc de foncer en direction de Bundaberg pour rejoindre Aaron-le-boss, comptant sur son aide et ses contacts pour réparer le véhicule à moindre frais.

La route est longue et en travaux sur de nombreux tronçons, nous obligeant souvent à nous arrêter. Le paysage est vallonné, c'est joli mais notre van lui souffre dans les côtes, peinant à atteindre les 80km/h.
Derrière nous, une farandole s'organise : 4x4, van de plombier, road train...tous nos « amis » nous suivent patiemment, n'osant pour des raisons que nous ignorons toujours, nous doubler.

Même si nous nous arrêtons souvent sur le bas coté pour estomper l'effet barrage de rétention, la farandole se reconstitue à vitesse grand V. Dans le van, l'ambiance est bonne : ça chante et ça se moque de tous ces Australiens qui ne savent pas doubler quand :

Niyouuuu Niyouuuuu Niyouuuu Niyouuu

Un policier en moto nous fais signe de nous rabattre :
  • Vous connaissez les limitations de vitesse ici ?
  • Entre 80 et 100km/h selon les tronçons
  • Vous roulez entre 75 et 90km
  • Bah, oui ! T'as vu Monsieur l'agent, j'ai pas un bolide !
  • Je comprends mais il va falloir vous arrêter (encore) plus souvent, si vous voulez pas avoir une amende.

Une amende pour conduire 10 km/h en dessous de la limitation ? du jamais vu pour moi...surtout quand on sait que la plupart des 4x4 ici dépassent allègrement les 130km/h sans être inquiétés.

Le plus important est qu'il ne nous a pas demandé d'arrêter le moteur ! Je n'avais aucune envie de lui expliquer nos petits ennuis électriques en anglais...

Nous continuons donc notre route et arrivons à Bundaberg. A ma grande surprise, Lilian et Claire veulent attendre le lendemain pour rejoindre notre famille de forains « parce que bon, on pourra bien redémarrer encore 2/3 fois »...ok !

Nous nous garons donc sur le parking de McDo, spot stratégique en cas de panne inopinée : il y a toujours un monde fou chez Ronald.

Je vous épargne les détails de notre visite à « Bundy », qui ressemble beaucoup à sa voisine « Rocky », en plus ennuyeuse...le soir venu, nous laissons Lilian dormir dans le van pendant que nous faisons la « tournée des bars » avec Claire, tous plus déserts les uns que les autres. Finalement, nous entrons dans un bar animé, et pour cause ! C'est soirée speed-dating tonight !
A coté des tables officielles, des conversations officieuse débutent :
  • et sinon les filles vous avez quel age ?
  • 26 et 27 ans.
  • Pouahhhh, vous êtes supers vieilles !!!
Comme vous l'aurez compris, ce n'est pas ce soir que l'on nous invitera au resto.

La soirée se finira sur une note de poésie, quand la jeune australienne Monique, 22 ans, jolie blonde exubérante nous prendra à partie :
  • Hé les filles !!! Dites leur à mes copains ! Dites leur que c'est vrai qu'en français mon prénom veut dire mo-FUCK !!! God bless my parents ! Youhou ! Mo-FUUUCKKKK !!!

Nous abrégeons donc la soirée pour rejoindre Lilian et essayer de redémarrer le van. Inutile, je pense, de faire durer le suspense...nous ne redémarrons pas !

Minuit, rebelote, nous devons mendier de l'aide sur le parking du McDonald...Mais ce soir, notre bonne étoile nous présente Daniel ! Notre sauveur ! Après avoir passé quelques appels infructueux à des amis possédant des pinces croco, il décide d'employer la manière forte : la Giga-trousse-à-outils !


Après quelques bidouilles, le diagnostic est sans appel : « Vous ne redémarrerez pas sans une batterie chargée ». Comment faire alors ? Daniel a le cœur sur la main et nous propose de nous accompagner jusqu'à la maison d'Aaron, et d'utiliser la batterie secondaire de son 4x4.


Nous sommes donc obligés de bricoler pour adapter sa batterie à notre emplacement. Après quelques minutes de réflexion, nous utiliserons un pot de miel et Lilian qui, installé clandestinement à l'arrière, aura pour mission de maintenir la batterie à sa place.


Soulagées, Claire et moi nous installons à l'avant et commençons à suivre Daniel (et son GPS !). Nous nous félicitions de ne pas avoir galéré longtemps, quand soudain, à peine sortis de la ville...

Niyouuuu Niyouuuuu Niyouuuu Niyouuu

Une voiture de flic nous fait signe de nous rabattre. On me demande de montrer mon permis...pas de prob...ah bah, si, problème...Mon permis est dans mon sac, à l'arrière du véhicule. Claire me lance un regard paniqué : un deuxième flic fait le tour de la voiture avec sa torche, il ne faudrait pas qu'il aperçoive Lilian à l'arrière, assis sur une banquette non réglementaire, les mains dans le compartiment ouvert de la batterie !
Elle ne peut pas ouvrir la porte sans révéler aux forces de l'ordre notre chargement illicite, et devra donc se contorsionner sous les yeux mi-méfiants mi-amusés du flic, pour atteindre mon permis par l'avant (en fait, discrètement tendu par Lilian).

Après un rapide coup d’œil sur mon permis, le flic me demande de sortir et de l'accompagner à l'arrière du van. Mais qu'est-ce qu'ils nous veulent !?! Se doutent-t-ils de quelque chose ?

En fait, le flic m'explique que nos feux arrières ne fonctionnent plus (Ahh...ouf) et qu'il faut aussi que nous changions nos pneus trop lisses (Oh...re-ouf), et que ces deux infractions sont verbalisables (Ah, oh, bah non quand même...). J'explique donc dans un franglais touchant que nous avons bien des tracas mécaniques Monsieur l'agent et que nous sommes sur le point de faire réviser le van...Pris de pitié, il nous laissera repartir sans amende et je pense que le fait d'être deux filles à joué un rôle décisif dans leur décision finale.

Quelques mètres plus loin, Daniel a lui aussi bien flippé : « Fuck Mates ! You're really unlucky !!! », mais nous finirons le voyage sans encombre.
Voici une photo de Daniel, notre sauveur cette nuit là !


Merci Daniel !!!