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samedi 7 janvier 2012

Ce sera notre Tambo...

Rien de tel qu'un jeu de mot douteux pour bien commencer un article !
Mais ne tambons pas dans le panneau...


...le but de cette publication est de vous faire découvrir notre nouveau « chez nous », le ROYAL CARRANGARRA HOTEL, rien que ça !

Cet hôtel-bar-restaurant(-autres activités illicites que je ne peux citer sans mettre en danger mon intégrité physique) est le plus ancien de la région. Il a d'ailleurs eu le temps de brûler 3 fois...pour être chaque fois reconstruit en bon bois de chauffage !


Lorsqu'on entre dans la bâtisse, on atterrit droit dans le bar, où un vieil homme aux cheveux ras et blancs, dont le nez est assorti au regard (rougeaud et imprégné d'alcool), vous baragouine : « heyaaah mate ? daya wana DRink ? ». Prenant le refus comme une insulte, il s'en va grommeler plus loin en allant se remplir un pot de TED (Tooheys Extra Dry pour les profanes)...une des bières les plus insipides et dégueulasses de la vitrine...


c'est notre nouveau boss, Andy.


Quelques fois, il s'en va rôder du côté des alcools forts... plaisir vaporeux qu'il se réserve pour les grandes occasions (arrivée de sa fille, fêtes,etc.)


Non loin de là, se trouve une de mes salles préférées (après la cuisine...), la « pool room » ou salle de billard !


C'est là où je me suis fait de nouveaux potes, Jordan Street et Tom Mortland, alias « Streety et Mot », qui m'ont appris à jouer comme un homme.

Mot' devant le jukebox Country 2000 !
Grâce à eux, je mets la branlée à Kevin, le backpacker germano-italien (Pokies games addict, refusant d'admettre son gambling problem...) du restaurant d'à côté qui essaye de se taper Nicholae, la backpackeuse galloise qui nous a rejoint pour bosser à l'hôtel.
Pour en finir avec les ragots, tout le monde pense que Kévin a des manières de « poofter », mais il a récemment fait une déclaration d'amour à Nicholae (publiquement jugée « inappropriate » par cette dernière) qui a mis de l'eau dans le gaz et semé le trouble dans nos esprits...du coup, Kevin est allé claquer 50$ de plus dans les machines à sous, invoquant la meilleure raison qui soit « I'm trying to earn some money ». Bien entendu, le ratio de contrôle sur le jeu est de 0% (100% hasard) et ses chances de gagner avoisinent les 30%...

« This is my machine ! »
...ce soir là, Kevin a perdu ses 50$.

Continuons la visite ! Un petit tour par la laverie qui dispose de 4 machines à laver, dont seulement une est fonctionnelle...

Blague à part, c'était ma chemise préférée...
Ensuite, il y a le couloir où l'on étend le linge.

Qui a oublié de vider ses poches ? Le coup du mouchoir en papier, classique...
A quelques foulées du couloir d'expérimentation de neige artificielle bio-dégradable, il y a les chambres, ...enfin notre chambre : un éclairage jaunâtre de film d'horreur, un système de climatisation qui fait plus de boucan qu'un concorde au décollage (le concorde ayant lui le mérite de ne plus être produit...), et la route juste en dessous, où chaque Road Train nous fait revivre le tremblement de terre de San Francisco.
5 mois que nous n'avions pas dormi dans un véritable lit ! La couverture panthère noire sûrement rachetée à une prostituée quinquagénaire des quartiers mal famés de Bangkok nous rappelle chaque soir notre chance...


Pour en finir avec la maison, laissez-moi vous présenter notre nouvelle famille d'adorable pets !
  • J'ai nommé « Yoda », la grenouille qui médite.

  • « Abrutie », la guêpe qui construit son nouvel essaim sur le sac d'Amélie.

  • « Grosse saucisse », le lézard obèse.

  • « Oups, je l'ai aspirée ! », la mante religieuse qui loge désormais dans le sac poussiéreux de l'aspirateur...

  • Et pour finir, Yummy Tummy, le petit koala en chocolat moelleux.

Maintenant, jetons un œil dehors..qu'y a-t-il d'intéressant ?
  • La piscine GRATOS, nous y allons presque tous les jours !


  • La poste (qu'Amélie visite plus souvent que moi...désolé la famille, les amis...)


  • La bibliothèque arborant la date fétiche des Australiens : 1888, on va tout faire cette année là, comme ça on aura pas de mal à s'en souvenir !


  • Et la banque des belles fesses...

Voilà, c'est déjà pas mal pour aujourd'hui ! D'ailleurs nous avons du pain sur la planche... notre premier boulot nous attend : GRAND NETTOYAGE !
L'hôtel est en effet hanté et Amélie a été mandatée pour chasser les fantômes...


mardi 3 janvier 2012

Couple de fainéants cherche boulot pas fatiguant

Vacances terminées, van réparé...nous n'avons plus d'excuse, il faut trouver du boulot !

C'est la bonne saison pour la cueillette, mais l'agence spécialisée pour le placement des backpackers nous confirme ce que nous savions déjà : les fermiers ne passent plus par l'agence pour trouver de la main d’œuvre, mais par les auberges de jeunesse. Autrement dit, si tu veux un boulot tu dois payer ton hébergement...c'est la mafia à l'Australienne.

Nous on préfère dormir dans le jardin d'Aaron-le-boss et mettre notre réveil à 6h du mat'. Driiiiing ! Ptit dèj' rapide et on saute dans le camion. Jamais mieux servis que par soi-même, ce matin on va faire le tour des fermes, moyen le plus efficace de trouver une place si vous avez un véhicule. Après quelques kilomètres et plusieurs essais infructueux, nous arrivons au bord de la mer...


Avec les embruns s'envolent nos bonnes résolutions. Qu'il est doux de se promener au bord de l'eau...Ce qui n'est pas pour déplaire à Lilian, qui, comme chacun le sait, n'est jamais très enclin à travailler.

Lilian, qui par ailleurs, a de plus en plus de mal à se baisser...son mal au dos, son daltonisme : des paramètres à prendre en compte dans notre recherche d'emploi ! Même si il y a beaucoup de travail en ce moment dans la région, ce sont principalement des jobs pénibles où il faut cueillir des tomates à moitié mûres (Mouahaha ! Rappelez-vous Carnarvon).

Il reste le secteur du service. Nous passerons la journée suivante à faire la tournée des hôtels et des restaurants pour me trouver une place de serveuse/femme de ménage. Lilian quant'à lui ira remplir des formulaires dans tous les MacDo-KFC-Dominos que nous croiserons en chemin (non sans que je sois obligée de le pousser à grand coup de tape dans le dos).


Bundaberg est vraiment une chouette ville, à seulement une dizaine de kilomètres de la mer. Ses plages de sable blanc, son eau turquoise et l'absence de méduses tueuses en fait un lieu de villégiature idéal.




On s'y sent bien, un peu comme à Broome, et quitte à devoir passer plusieurs semaines coincés au même endroit pour travailler on préférerait que se soit ici.


Mais...ici c'est le début des grandes vacances et tous les postes des centres commerciaux sont pris d'assaut par des lycéens que l'on paye au rabais...difficile d'être plus compétitif que 8$/h. On décide à regret d'élargir notre recherche aux roadhouses et aux hôtels des environs. Direction la bibliothèque :
  • Moi « Ok ! C'est quoi le plan de bataille ? »
  • Lilian « On prend un ordi chacun, on sera plus efficace »
  • moi « Ok ! Go Go Go»
Au bout d'une heure, j'ai trouvé au moins deux établissements recherchant des couples pour faire la cuisine et le ménage. Excitée comme une puce, battant des mains, je rejoins mon coéquipier : « Et Toi Lilian ? ». A priori, pour Lilian, « on sera plus efficace » signifie en fait « je pourrai glander sur Facebook sans être dérangé »...Crise
Lilian passera donc les 30 minutes suivantes à téléphoner pour postuler, sous mon regard réprobateur, une arme sur la tempe...

Pour noyer dans le rhum mon chagrin et oublier que mon copain est une grosse feignasse, on file en direction de la distillerie ! Et oui, il serait dommage de quitter Bundaberg sans avoir visité ce qui en fait une des villes les plus populaires d’Australie : son Rhum !!!


La distillerie fut crée en 1888 pour utiliser les déchets produits par l'industrie de la canne à sucre : la molasse. Le rhum Bundaberg est maintenant quasiment le seul rhum disponible en Australie, en bouteille ou sous la forme d'horrible « pre-mix » : canette en alu de rhum et de soda.


On apprend sur place qu'ils distillent la molasse et la purifient pour obtenir un alcool à 70° (donc ayant perdu en grande partie sa saveur) qui sera ensuite mélangé avec de l'eau. Vous obtenez alors un rhum à 35° sans goût et...sans intérêt. Autant dire qu'ici, on ne boit jamais le rhum straight (quasi impensable pour un Australien)...le mélange rhum/soda est obligatoire !




Heureusement pour la marque, elle a une très bonne équipe marketing : un musée original et intéressant, des spots de pub décalés (A voir !) et un packaging léché.


Un après midi de dégustation (hips !) et une proposition pour aller cueillir des patates douces plus tard...coup de fil ! On a un job !!!


Bon, c'est à 800km de là, soit, y aura pas la mer, soit...mais on a un boulot !!!
Bye Bye Bundaberg...C'est à regret que nous te quittons !



Et Bonjour Tambo !!!


lundi 2 janvier 2012

Tango Charlie et les dinosaures

Retour à Bundaberg, et à la réalité... Le van a besoin d'être réparé. Aaron-le-boss nous emmène donc chez Charlie : « il paye pas de mine, mais il est doué »...

Le garage est un véritable bric à brac : les pots d'échappement côtoient les bouteilles de soda vides et les jouets pour enfants...


Au milieu de tout ça, il y a Charlie, tout sourire, qui n'a pas l'air d'être du genre à s'en faire dans la vie. D'ailleurs, ça le fait plutôt marrer qu'on lui explique que notre batterie ne se recharge plus... il en a vue d'autres, pensez-vous ! On lui laisse notre van entre les mains pour qu'il diagnostique la panne et qu'il nous fasse un devis sur les réparations « urgentes » et « à envisager ».


Le garage n'est pas dans le centre ville, alors pendant ce temps, nous, on s'ennuie ferme en tapant dans les tas de caillou du parking. Mais oncle Charlie s'en aperçoit et farfouille dans son farfouillis pour nous apporter de la lecture. Enfin, plutôt des magazines proposant des K7 et des livres s'intéressant à des questions qui nous concernent tous : « Fossiles : la grande supercherie », « Les dinosaures dans la bible », « Darwin est un con »...

L'occasion de se pencher un peu sur le créationnisme et l'évolutionnisme...Ce blog étant de confession consensuelle, je me garderai bien de donner un avis...cependant, comme l'a dit Dudley Field Malone durant le « Procès du singe » :
«Je n’ai jamais appris quoi que ce soit d’un homme qui soit d'accord avec moi. »

Si en Europe, c'est l'interprétation symbolique de la Bible qui prédomine, en Australie comme aux Etats-Unis, la lecture littérale de celle-ci semble bien plus répandue. Pourtant, d'après une étude menée en 2011 : 9% des français adhèrent au créationnisme, comme 15% des Australiens, alors que 51% des Australiens seraient évolutionnistes contre 55% des Français. Je m’attendais à des chiffres bien plus éloquents, tant la parole religieuse a sa place ici.


C'est peut-être juste moins tabou...comme le fait d'être « fièrement nationaliste ». Alors qu'ici les produits sont étiquetés « Proudly made in Australia », on imagine difficilement la même chose en France...et pourtant dans les faits, les partis d'extrême droite français n'ont rien à envier à leur amis Kangourous.
L 'ancien sénateur australien, Steve Fielding, est par exemple ouvertement créationniste...

Si ça vous intéresse, vous trouverez plus d'informations sur les dinosaures bibliques ici et d'autres réponses .


Sachez aussi que d'autres théories semblent émerger des profondeurs de notre nouveaux millénaires, le concept d' « Intelligent Design » est des plus policé mais si vous préférez quelque chose de plus frais, je ne peux que vous conseiller le Pastafarisme. De loin la plus convaincante, cette théorie à l'avantage d'apporter une explication plausible au réchauffement climatique.

Avec tout ça, on en a presque oublié Charlie, qui revient avec :
  • un avis : le régulateur de l'alternateur est mort, faut tout changer !
  • et un devis... 700$ pour un alternateur et 1100$ pour changer un joint (40$) et le kit de distribution (200$)
Gloups...

On laissera donc Charlie s'occuper de l'alternateur, réparation indispensable et raisonnablement évaluée, et nous laisserons de coté tout le reste...800$ de main d’œuvres pour « une grosse après midi de boulot » dixit Charlie, ça fait vraiment trop cher de l'heure. L’Australie ne connaît décidément pas la crise.

Une fois le van réparé, nous pouvons repartir à nos occupations, avec une priorité : retrouver un boulot fissa !

Gagner un peu de fric
puis voir s'envoler nos économies en mécanique,
telle est là la dynamique !

Décidément, cette année aura été celle de l'investissement « Auto » avec un grand A...dommage, nous qui préférons le malt...

dimanche 1 janvier 2012

Billy, do you have a bite ? Nah, go fish...

Après le Mud Bulls and Music Festival, notre dernière date avec l'Aussie Bush Tucker (...avant 2012), nous reprenons la route vers Bundaberg où Aaron nous propose un nouveau plan :
« Let's go on holidays kids ! You like fishing ? ».
Une vive lueur vient animer la rétine vitreuse de mes yeux de mérou frelaté. Fishing ?
« Yeah, we'll catch mangrove jacks, sea mullets, mud crabs and maybe some barras ! »
Wow wow wowowow, ni une ni deux, je dis yes pour une semaine... sous le regard réprobateur d'Amélie qui elle ne pense pas qu'à s'amuser !
Armés de nos deux batteries heavy duty et d'un chargeur, nous reportons la visite au garage auto d'une semaine. Aaron aura l'immense amabilité de nous payer le camping et de nous nourrir le soir.
Le camping est à 75 kms de Bundaberg...une route parsemée d'ornières et de dénivelés nous attend. Arrivés devant le gardien du camping, Aaron descend tranquillement...il gère. Pendant que nous nous tournons les pouces au volant du van, il échange quelques mots avec le maître des lieux et remonte péniblement dans son motorhome, l'air agacé ! Il manœuvre de manière à faire face à notre véhicule et nous crie (suffisamment fort pour couvrir le bruit du moteur) :
« On s'en va les gars, ils ne veulent pas de Braddy ! »...Braddy, le pékinois léthargique et suicidaire de Mum...qui n'est peut-être pas un pékinois d'ailleurs...


Nous ferons donc 80 bornes de plus pour atteindre le prochain camping dog-friendly. Ça commence bien !

Afin de vous éviter une lecture (et surtout de m'éviter une écriture) aussi linéaire que fastidieuse, je vous propose un découpage de l'article en thèmes !

    - 1er thème : le camping

Très sympa ! Beaucoup de glandouille, de lecture, de préparation de canne à pêche et de kangourous...dans un cocon protecteur formé par la muraille de véhicules mobilisés pour l’événement.


Une bonne bouille de grenouille dans les toilettes.


Un campeur voisin désoeuvré et aigri qui nous dénonce au gardien car nous prenons des douches de plus de 5 minutes avec de l'eau de pluie. Celui-là ne mérite pas de photo...

    - 2eme thème : les ballades en 4x4 sur la plage

Et oui, nous avons roulé en 4x4 sur le sable, en longeant la mer...spectaculaire et amusant (un peu moins pour les œufs de tortue potentiellement enfouis dans les dunes !)


Faire le trajet assis dans le coffre n'est pas de tout repos, et à 7 dans la voiture (sans compter le chien dépressif), nous nous enfonçons parfois dans les zones de sable tendre...il faut avoir le râble dur !


Il fait vraiment bon pêcher dans le coin, pour des raisons complètement indépendantes de ce qui est censé s'accrocher à l'hameçon...
Le soleil est toujours au rendez-vous !


    - 3ème thème : les dîners

Les photos parlent d'elles-mêmes !


  

« Miam » me direz-vous ! Et nous ne pouvons qu’acquiescer !
Mais n'avez-vous rien remarqué de choquant ?...n'y aurait-il pas que de la bonne barbaque du plancher des vaches dans le superbe BBQ à gaz de Marcie ? (cadeau de Noël anticipé, offert par Aaron...et utilisé par Aaron _qui n'a pas encore reçu son kit de bloque portes intérieures, le cadeau vengeance de sa femme camionneuse !)

Ce qui nous amène au quatrième thème !!!

    - 4ème thème : la pêche...

Nada. On a essayé tous les coins, les vers, les crevettes, la seiche...
Rien n'y a fait !


Nous avons même appris à pêcher des « Yabbies », petite crevette de vase servant d'appât, à la pompe...nous en avons récolté beaucoup mais les poissons n'ont pas été plus mordants pour autant.


J'ai juste réussi à sortir de l'eau un minuscule poisson chat qui n'intéresse personne (même pas les crabes...).
Amélie, qui n'aime pas pêcher et qu'on a forcé à essayer, a fait 2 prises convenables en moins d'¼ d'heure...avant de me rendre la canne, d'un air mi-fier, mi-navré.


En parlant de canne, la mienne n'a résisté que trois jours...malgré mes multiples réparations (moulinet défaillant, tige brisée), elle a cédé à nouveau et au mauvais moment : mon énervement l'a réduite en boîte de cure-dents, sous le regard médusé de toute la famille et les rires gras d'Amélie et Aaron.


On a même essayé la nuit, mais ça n'a rien donné...


Juste un sea snake peu ragoûtant !


Et puis, la veille du départ, j'ai eu la bonne idée d'aller me baigner dans la rivière côtière...avec mes lunettes.
Beaucoup de courant, tout ça, tout ça, bref...désormais, la nuit, j'ai l'air d'une star...

Non satisfaite de ne m'avoir donné aucun poisson, elle m'a pris mes binocles ! Unfair !
Ou d'un idiot, au choix !